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Discovery Islands : les Yuculta Rapids

Publié le par Frederique

Discovery Islands, BC, Canada

Pour rejoindre Johnstone Strait, on peut passer le long de la côte Est de Vancouver Island, une route directe mais avec passage des rapides Seymour Narrows, et beaucoup de courant tout le long.
Une autre possibilité est de passer par le Nord, le long de la côte du continent. Il y a aussi des rapides à franchir mais entrecoupés de zones larges où les courants forts s'atténuent.
C'est cette option qu'on a décidé de suivre.

Frances Bay et notre 1er ours ! (50°20.95'N, 125°02.50'W)

On est parti par Homfray Channel, entre East Redonda Island et le continent, au pied de hautes montagnes boisées, surmontées de pics enneigés : le Mt Addenbroke à 1 590m, Mt Crawshay à 1 737m, Mt Denman à 2 012m. Homfray Channel est un des plus beaux paysages de la côte Sud de la British Columbia paraît-il, et c'est vrai que c'est magnifique.

On s'est arrêté à Frances Bay, sur le continent, pour passer les Yuculta Rapids le lendemain. En longeant la plage, on a vu notre premier ours !


Un Black bear, qui nous a regardé un moment puis nous a tourné le dos et a disparut dans la forêt. On l'a revu plus tard, toujours sur la plage. Hélas, un bateau était au mouillage dans la baie, un charter de chasseurs d'ours, et ils le surveillaient depuis 2 jours. On ne saura jamais si l'ours est encore en vie à ce jour…

Sur la côte Ouest du Canada et dans le Sud de l'Alaska, il y a plusieurs espèces d'ours, les plus communément aperçus sont les Black bears et les Grizzly. Il y a aussi les Kermode, des ours couleur crème aux yeux bruns et truffe noire. Et des copains nous ont parlé de ces ours bleus sur la côte de l'Alaska, un groupe isolé dans les glaciers, qui a développé des teintes bleutées dans sa fourrure.
Les Black bears sont différents des Grizzly bien sûr, mais pas forcément par la couleur. Les Black bear ne sont pas toujours noirs comme leur nom devrait l'indiquer, et les 2 espèces d'ours peuvent être noirs, bruns ou blonds. On les distingue par d'autres critères :
- le poids, le Black bear est beaucoup plus menu que le Grizzly : 100 à 150 kg contre 360 à 680 kg ;
- la forme de la tête, face plus aplatie pour le Black bear ;
- peut-être ce qu'il y a de plus facile à observer (de loin), les épaules : le Grizzly marche les épaules saillantes qui roulent sous la peau, pas le Black bear ;
- et enfin, mais beaucoup plus délicat à vérifier, la longueur des griffes : courtes pour le Black bear, longues pour le Grizzly. Mais arrivé à ce stade de l'observation, il est sans doute déjà trop tard…

On n'a pas jeté l'ancre dans Frances Bay, la baie est un peu trop profonde, mais on s'est amarré à des troncs. Attachés avec des chaînes et des ancres dans la baie, ils font comme un ponton, et on a passé la nuit là, en compagnie d'un crevettier amarré de l'autre côté.

Yuculta Rapids, Gillard Passage et Dent Rapids

Pour passer la série de rapides en toute sécurité, il est essentiel de bien calculer les temps. Tout est dans le timing.
Dent Rapids est un endroit extrêmement dangereux s'il est franchi au plus fort du courant (8 noeuds de courant à marée descendante, 11 nds à marée montante, et des tourbillons très dangereux en plein milieu), et beaucoup plus violent que Gillard Passage, et Yuculta Rapids. Tout le passage de cette série de rapides se calcule donc en fonction de l'heure de l'étale à Dent Rapids. Et comme ils sont en fin de passage quand on monte vers le Nord, ça implique que les 2 premiers doivent être passés contre le courant.
Dans la mesure où, dans ce canal, le courant de marée montante va vers le Sud, et celui de marée descendante vers le Nord, voilà comment nous avons procédé :
Partis de Frances Bay au petit jour, on est arrivé aux Yuculta Rapids, entre Stuart et Sonora Islands, 1 heure avant que la marée ne descende. Là les choses deviennent sérieuses, et on s'engage dans les rapides. Le bateau est avant tout un voilier, et n'a pas un moteur très puissant, il faut donc feinter et utiliser les contre-courants le long des côtes. A centre du passage il y a quelques tourbillons et remous, mais sur les côtés c'est plus calme et surtout on peut avancer.
Il faut ensuite franchir le Gillard Passage pas plus tard que 20 minutes avant l'étale de haute mer à Dent Rapids. On a fait des ronds dans l'eau sur le côté protégé avant Gillard Passage parce qu'on avait sous-estimé l'efficacité et la puissance des contre-courants, et on était trop en avance.
A l'heure de passer, on s'est engagé, avec encore un peu de courant contraire, puis le temps d'arriver aux Dent Rapids, c'était l'étale et le début de la renverse de courant. Là il faut bien longer la côte de Sonora Island pour éviter Devil's Hole au milieu des rapides, où des tourbillons dangereux se forment.
Ensuite on débouche dans Cordero Channel, calme et paisible. Ouf !

Il reste encore les Green Point Rapids plus loin, mais trop loin pour les passer à l'étale dans la foulée. On décide donc de s'arrêter et passer le reste de la journée tranquille.

Thurston Bay, Anchorage Cove (50°21.61'N, 125°19.14'W)

On est descendu par Nodales Channel, entre Sonora et East Thurlow Islands, pour entrer dans la très fermée Anchorage Cove, sur Sonora Island.
C'est une petite baie, comme un lagon, à l'entrée en Z et peu profonde. On ne pourra pas ressortir à marée basse, mais la baie est très bien protégée et le fond d'excellente tenue, en bonne vase qui aspire l'ancre.

Une fois à l'intérieur, on est complètement coupé du reste du monde. La baie est entourée de grands sapins dont les branches basses touchent l'eau à marée haute, et dans le fond un marécage entoure un îlot et s'étend dans la forêt.
C'est le royaume des phoques, des loutres, des corbeaux, des hérons. On a vu un gros aigle marron et gris, et une petite fouine marron manger des coquillages. Et on a passé du temps à observer les bald eagles (facilement repérables avec leur tête blanche qui accroche la lumière, même quand ils sont immobiles perchés dans les hautes branches des sapins), plonger à côté de nous pour attraper des petits poissons.

Et aussi les canards, qui font un raffut terrible. Bien sûr tout est relatif, mais la baie est tellement calme et silencieuse que quand la bande de canards se met à chasser, c'est la grande animation image et son du coin : ils sont une douzaine à ramer à toute vitesse avec leurs ailes, la tête sous l'eau, pour attraper les poissons. C'est très drôle à regarder, ils zigzaguent dans tous les sens et font de grandes éclaboussures. Ce sont de jolis canards blancs, avec la tête tantôt noire, tantôt marron et une crête sur tout l'arrière de la tête. Toute la journée ils patrouillent dans la baie, un peu comme les maîtres des lieux.

Après 3 jours passés dans ce petit paradis paisible, il a bien fallu songer à continuer la route, d'autant que les coups de vents sont passés.
On a changé d'idée, on ne monte plus vers les Green Point Rapids, mais on va descendre vers Johnstone Strait le long de Vancouver Island. On quitte Anchorage Cove sous une pluie fine.

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Desolation Sound : Grace Harbour et Prideaux Haven

Publié le par Frederique

Desolation sound, BC, Canada

 

Grace Harbour (50°03.23'N, 124°44.77'W)

Les dépressions ne sont pas encore comblées, mais le vent a tourné au Sud-Est. On décide de partir de Powell River, pour le Desolation Sound.
On passe par le Thulin Passage, un chenal très étroit entre les Copeland Islands et Malaspina Peninsula. Puis on entre dans Desolation Sound par un temps complètement bouché, et on mouille à Grace Harbour sous la pluie.
Grace Harbour n'a rien d'un port dans le sens infrastructure du terme. C'est une grande baie divisée en 3 bassins, complètement déserts : pas de maisons ni de pontons, rien que les grands arbres, des phoques et des oiseaux.


On s'installe tout au fond, dans le 3ème bassin, où le vent est bien atténué. L'avis de coup de vent dégénère en tempête, avec des vents de 70 à 80 nœuds (140 km/h). On a quelques rafales dans la baie, de la pluie et de la grêle, et au bout de 4 jours le beau temps revient.

Retour à Powell River, puis Prideaux Haven, Melanie Cove (50°08.53'N, 124°40.35'W)

Les batteries sont mortes, il faut les changer, et on décide de retourner à Powell River. C'est en effet la ville la plus proche et on sait pouvoir en trouver dans les grands magasins Canadian Tire ou Wal-Mart.

Les nouvelles batteries en place, on repart en sortant très lentement de la marina de Powell River : la marée est exceptionnellement basse et il y a tout juste assez de fond…
On repart vers Desolation Sound, et cette fois il fait un temps magnifique, avec une excellente visibilité. On peut admirer le paysage dans toute sa splendeur : îlots aux formes arrondies, et dans le fond, pics pointus et enneigés. C'est très beau.


On s'est amusé à passer entre Otter Island et le continent, une petite passe étroite en Z, au ras des cailloux, puis on est entré dans Prideaux Haven. On a mouillé dans Melanie Cove, une longue baie étroite, avec des rochers et de grands arbres tout autour.

L'eau est verte et chargée, avec énormément de petites méduses, pas plus de 3 cm de diamètre, mais une concentration incroyable : peut-être 30 au m3 !

On a fait un grand tour en annexe : on a visité une petite baie à côté de l'entrée de Prideaux Haven qui a une vue magnifique au Nord et sur le Mt Denman (2 012m) ; Laura Cove qui est juste à côté mais accessible par l'extérieur ; Roffey Island, un petit mouillage plus haut. On a visité tous les petits recoins de la zone, et il y en a beaucoup ! Mais c'est tellement beau comme paysage qu'on ne s'en lasse pas. Un enchevêtrement de rochers, arbres, baies aux eaux calmes.


Prideaux Haven est un mouillage très populaire et surpeuplé en été paraît-il. Heureusement on est encore tôt dans la saison, on est seuls à Melanie Cove, et 4 bateaux se partagent les 2 baies de Prideaux Haven.
On a passé une bonne soirée avec l'un d'eux, un voilier qu'on avait déjà rencontré à Princess Louisa et Powell River.

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La Upper Sunshine Coast : Thunder Bay et Powell River

Publié le par Frederique

Sunshine Coast, BC, Canada

Thunder Bay (49°45.78'N, 124°16.11'W)

On a redescendu Jervis Inlet tranquillement, zigzagant d'un bord à l'autre pour admirer de plus près de belles cascades. On a fait un petit crochet pour voir les Freil Falls, une cascade issue du lac Freil, niché en altitude et qui se déverse à pic 450 mètres plus bas dans la mer.
Il y a une quantité incroyable de petites méduses, au chapeau finement rayé de blanc, elles font à peine 5 cm de diamètre mais il y en a bien 15 à 20 au m3… Des milliards de méduses, partout tout le long de l'inlet, dans cette baie, à Pender Harbour, partout.

Après avoir fait le tour des Harmony Islands, et visité Saltery Bay, on est arrivé sous la pluie à Thunder Bay. On a mouillé au milieu de la baie, entourée de maisons.

François a plongé pour examiner l'hélice : il y a juste une balafre dans l'antifouling, mais heureusement pas de pales tordues ni abîmées. L'eau est encore bien fraîche en ce 15 mai : 14°C.

Powell River et Westview (49°50.08'N, 124°31.76'W)

On a quitté Thunder Bay sous la pluie, et remonté Malaspina Strait entre le continent et Texada Island. On est arrivé à Westview sous le soleil, et on s'est amarré dans le bassin Sud de la marina.

Powell River est une ville bâtie autour d'une usine de pâte à papier, avec un port réservé au chargement du bois, et protégé par 10 vieux cargos enchaînés qui font office de jetée (the " Hulks "). La rivière Powell est la 2eme rivière la plus courte au monde, avec ses 500 mètres de long. Elle connecte une enfilade de lacs avec la mer.

Le port de plaisance est un peu au Sud de Powell River, dans la bourgade de Westview. On y trouve de tout : supermarchés, laverie, shipchandlers, poste, bibliothèque, etc. L'accès à Internet est gratuit à la bibliothèque et au cybercafé Rocky Mountain (wireless).

Avis de coup de vent de Sud, on reste à l'abri à la marina le temps que ça passe.

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Le ramassage des coquillages : moules, huîtres, coques, etc.

Publié le par Frederique

Le ramassage des coquillages, comme la pêche et la capture de crabes, crevettes, etc., est soumis à une stricte régulation au Canada.
Tout d'abord il faut avoir un permis (licence) : 108$ pour l'année pour les non-résidents au Canada, ou les formules à 5 jours (33$), 3 jours (20$), ou à la journée (8$) ; gratuit pour les moins de 16 ans. Ces licences s'achètent un peu partout : magasins de sport, stations services, marinas, ou sur Internet (www.pac.dfo-mpo.gc.ca/recfish).

Il existe une petite brochure gratuite, " Tidal waters, sport fishing guide ", qui recense les zones fermées à la pêche et/ou au ramassage des coquillages (aussi sur Internet : www.pac.dfo-mpo.gc.ca).

Parce que voilà le problème, on ne peut pas les ramasser partout, surtout à cause de toxines qui contaminent les bivalves : huîtres, moules, coques, coquilles St Jacques, clams.
Il existe plusieurs types de contamination des coquillages :
Le " paralytic shellfish poisoning ", une algue microscopique produit une toxine qui s'accumule dans les bivalves, qui, si elle est consommée, peut causer une paralysie musculaire, voire la mort.
Le " amnesic shellfish poisoning ", même principe, mais les symptômes diffèrent : nausée, vomissement, diarrhée et perte de mémoire.
Le " vibrio parahaemolyticus ", une bactérie qui se développe dans les eaux plus tièdes en été, peut provoquer nausée, diarrhée et vomissement. Contrairement aux 2 précédentes, cette toxine peut être détruite par le froid (congeler les coquillages à -18°C, ou les réfrigérer à 4°C) et par la chaleur (cuisson des coquillages 5 minutes à 60°C).

C'est bien triste qu'il y ait toutes ces toxines, parce qu'il y a des coquillages partout, et facilement accessibles à marée basse. Mais à moins de contacter le bureau de Pêche et Océan à chaque fois, on ne peut jamais être sûr que les bivalves ne sont pas contaminées.
C'est un peu comme les poissons et la ciguatera, dans le doute on s'abstient !

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Princess Louisa Inlet

Publié le par Frederique

Princess Louisa Inlet (50°12.24'N, 123°46.13'W)

On est parti tôt d'Egmont en prévision de passer les Malibu Rapids - qui sont à l'entrée de Princess Louisa Inlet - à l'étale.

On a remonté Jervis Inlet, une navigation de 32 milles (une soixantaine de kilomètres) dans un fjord profond (400 à 500 mètres de fond), entouré de montagnes élevées et enneigées : 2 033m, 2 270m, 2 575m. Plusieurs cascades gonflées d'eau s'élancent le long des falaises, c'est très beau.

En milieu d'après-midi, on était devant les Malibu Rapids, un passage resserré entre des montagnes de 1 324 m et 1 554 m, une ouverture menant au petit inlet de Princess Louisa, ainsi nommé d'après la mère de la reine Victoria.
Ces rapides sont à franchir 30 minutes après l'étale, afin de laisser le temps à l'eau à l'intérieur de l'inlet de rejoindre le niveau extérieur.
Après un moment d'attente devant les rapides que le courant ne soit plus visible, on est passé avec les 4 autres bateaux qui patientaient avec nous. Tout le monde est rentré, s'engageant les uns après les autres dans le passage étroit et sinueux. Il y avait encore un peu de courant sortant et un tourbillon au milieu des rapides, quand ça a été notre tour.

De l'autre côté, on débouche dans Princess Louisa Inlet, un bras de mer de 8 km de long, très encaissé, étroit et encadré de falaises abruptes, couvertes d'innombrables, longues et fines cascades. Cet endroit est surnommé La 8eme Merveille, et a été élu mouillage naturel le plus beau du monde, rien que ça. Ce fjord coincé entre ces montagnes de 1 530 à 2 440 mètres de haut est effectivement grandiose, et rivalise avec Yosemite avec ses parois de granite et ses nombreuses cascades (plus de 60 en été).


Tout au fond de l'inlet, ce sont les Chatterbox Falls, une énorme cascade, pas très haute, elle fait une chute de 37 mètres, mais surtout très large et avec un très gros débit. A côté, il y a un ponton qui peut accueillir jusqu'à 10 bateaux. On s'est amarré là pour faire un tour à terre et voir les cascades de plus près.
Le lendemain matin, plusieurs bateaux sont repartis par l'étale de haute mer, on est resté à 2 au ponton jusqu'en fin d'après-midi, à l'étale de basse mer où 4 nouveaux bateaux sont arrivés. Dans l'intervalle, on a profité de la tranquillité du lieu, des petits oiseaux vifs comme des hirondelles, des loutres et phoques, et des puffins et canards, avec le grondement sourd des cascades en toile de fond, et les trilles et pépiements des oiseaux.



Le lendemain, on est allé s'amarrer à un corps mort à côté de MacDonald Island, à mi-chemin de l'inlet vers les rapides.
Et le matin suivant, on a rejoint la vague de bateaux qui quittaient l'inlet. Mais juste avant les rapides on s'est fait une belle frayeur en se prenant une branche dans l'hélice. Après quelques minutes passées à libérer l'hélice et le safran, on a retrouvé la maniabilité du bateau, et pu franchir les Malibu Rapids dans le très court laps de temps que dure l'étale. Ouf !

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La Lower Sunshine Coast : Sechelt, Jedediah, Pender Harbour, Egmont

Publié le par Frederique

Sunshine Coast, BC, Canada

 

Sechelt, Selma Park (49°27.94'N, 123°44.61'W)

Sechelt est une petite ville sur la Lower Sunshine Coast, de l'autre côté du Strait of Georgia. Là des amis d'amis nous attendent et on jette l'ancre dans le refuge de Selma Park. Il y a un ponton privé - qui n'est pas relié à la terre - propriété de la communauté Indienne, et une rampe d'accès pour la mise à l'eau de petits bateaux sur remorque.

Ce n'est qu'un refuge, les bateaux qui veulent rester longtemps à Sechelt doivent aller de l'autre côté, à Porpoise Bay. En effet, Sechelt est sur une sorte d'isthme large de 2km, une bande de terre coincée entre le Strait of Georgia et un bras de mer (un inlet) qui encercle la péninsule.

La ville tient son nom de la tribu des Shishalh, des Indiens Coast Salish. Contrairement aux autres tribus, les Shishalh ne reçoivent pas une somme d'argent mensuelle, mais annuelle, ce qui leur permet de mieux la gérer. Ils ont créé un musée et un théâtre, ils louent leurs terres, ils sont très actifs et cela se voit en ville : beaucoup de totems, des panneaux muraux sculptés et de grandes fresques peintes décorent les bâtiments.
Les 2 communautés, Indiens et Blancs, ne sont pas intégrées pour autant, comme presque partout ailleurs, mais sans hostilité ouverte. Il y a toujours une forte rancœur des Indiens envers les Blancs, et aussi une irritation des Blancs de voir tous les avantages sociaux et fiscaux des Indiens (pas d'impôts ni de taxe, allocations familiales élevées, etc.).

C'est à Sechelt que se trouve l'école francophone de la Lower Sunshine Coast, avec plus de 100 élèves. Les écoles canadiennes dépendent du district, et non pas du gouvernement, et les enseignants sont recrutés à l'équivalent de notre bac + 5 (bac + 3 en France). Il existe 2 types d'écoles francophones au Canada : les écoles d'immersion, pour les enfants dont les parents ne parlent le français ni l'un ni l'autre ; et les écoles francophones, pour les enfants qui ont au moins 1 parent francophone. Celle de Sechelt accueille des élèves du CP à la 5ème, tous les cours sont en français, et les élèves sont sensés savoir parler français en y entrant. Ce n'est pas le cas de tous, et la plupart parle un mélange de français et d'anglais, qui est souvent la traduction littérale d'expressions anglaises. Pour " j'ai fini " par exemple, ils diront " je suis finis " (de l'anglais " I am finished ").

Après 2 soirées très sympas passées en compagnie des copains, et après quelques courses au supermarché, on a repris la mer, sous une pluie fine, un ciel complètement bouché, et un vent bien faible. On est allé du côté de Lasqueti Island, visiter une baie, puis d'autres baies sur la côte de Jedediah Island.

Jedediah Island, Deep Bay (49°30.29' N, 124°12.84' W)

On a trouvé 2 baies où on pouvait mouiller, White Rock Bay (49°30.29' N, 124°12.84' W) et Deep Bay plus au Nord. C'est là qu'on s'est installés, mouillage sur ancre et amarrage arrière à un anneau scellé dans les rochers à terre. La baie est étroite et si on mouille au milieu, il ne reste plus assez de place pour d'autres bateaux.

 



Le lendemain, comme le soleil était revenu, on est allé faire un tour à terre. Pas de ponton pour débarquer, on a donc hissé l'annexe au sec sur les rochers, au-dessus de la marque de marée haute, on n'est jamais trop prudents ! Jedediah Island est une très belle île, couverte de pins douglas, arbutus, quelques érables et boulots. Le point culminant est à 159 mètres d'altitude.
Le chemin parcourt l'île en travers, on passe dans la foret, très agréable, claire, au sous-bois dégagé et aéré, puis dans une prairie plate. Jedediah est un Provincial Marine Park, rachetée à des particuliers qui avaient installés là leur maison, verger, moutons et cheval. Les bâtiments sont un peu délabrés mais toujours là (maison, bergerie), les moutons et le cheval aussi ! Des oies se sont installées depuis, c'est un décor très champêtre et paisible.

On a quitté Jedediah Island en descendant le long de Texada Island, par un beau soleil. Ces îles ont des falaises qui tombent à pic dans la mer, ce sont toutes des îles hautes et surmontées de grands arbres. La navigation est tranquille, il y a peu de dangers au pied des falaises et les canaux sont profonds.

Smuggler Cove (49°30.77' N, 123°57.71' W)

On est revenu sur la côte, entre Sechelt et Pender Harbour, à Smuggler Cove Marine Park. L'entrée est à moitié cachée, profonde mais étroite et délicate à négocier à cause des rochers vers le milieu. On débouche alors dans la première baie, il y en a 3 d'affilée, bien protégées.


On est allé dans la dernière, à l'entrée très resserrée et peu profonde à marée basse. Smuggler Cove, qui signifie Baie des Contrebandiers, servait autrefois de cache aux Chinois voulant rentrer clandestinement aux Etats-Unis, et au trafic de rhum pendant la Prohibition.
On est allé se promener à terre, sur un sentier à travers la forêt le long d'un ruisseau dormant. Entourés de libellules bleues, on passait à côté de pics à tête rouge et dos bleu, d'oiseaux au ventre orange, dans la forêt de pins douglas, arbutus, boulots et cèdres, recouverts de mousse et de lichens. Un autre sentier longe le bord des 3 baies.

Pender Harbour, Garden Bay (49°37.85'N, 123°01.48'W)

On a continué le long de la Sunshine Coast, pour aller à Pender Harbour. En route on a croisé un de ces immenses convois de troncs d'arbres enchaînés ensemble, et tractés dans l'eau par un remorqueur. Et comme souvent, il y avait des groupes de phoques paresseusement allongés sur les troncs, se faisant transporter sans efforts.
Pender Harbour est surnommé " la Venise du Nord ", à cause du labyrinthe de ses nombreux bras de mer et petites baies. C'est une grande zone bien protégée, avec plusieurs îlots et petits recoins. Beaucoup de pontons privés et de marinas, qui ne laissent que 2 baies où l'on peut mouiller : Gerrans Bay et Garden Bay. C'est dans cette dernière qu'on a jeté l'ancre, par 10 mètres de fond, au pied du Mt Daniel (419 m).

On est allé faire le tour de Pender Harbour en annexe, visiter chaque baie et recoins, en franchissant parfois des passages étroits avec du courant fort. La ville principale, de la taille d'un petit village, est à Madeira Park, c'est là qu'il y a supermarché, banque, poste et quelques boutiques.

Egmont, Secret Bay (49°45.01'N, 123°55.75'W)

On a quitté Pender Harbour avec un vent faible et un ciel couvert, pour l'Agamemnon Channel entre la péninsule et Nelson Island, en route vers Princess Louisa Inlet. On a fait une escale à Egmont, dans Sechelt Inlet.
C'est un petit village de pêcheurs de crevettes, et de logging : l'industrie du bois est bien visible, entre les troncs stockés dans l'eau en attendant leur transport, et de grands pans de montagne mis à nu.
Secret Bay n'offre pas de possibilité de mouillage, on s'est donc amarré au ponton public, admirant pendant la manœuvre une famille d'oies, 2 adultes et leurs 10 petits, se promener bien alignés. On est allé se balader à terre, sous la pluie, pour aller admirer les Skookumchuck Narrows un peu plus loin dans le Sechelt Inlet. En Indien Chinook, Skookumchuck signifie eaux turbulentes ou eaux puissantes. Il y a une série d'îlots en travers du bras de mer, qui font barrage. Le niveau de l'eau peut dépasser 2 mètres de différence entre les 2 côtés des rapides, d'où un courant très fort, jusqu'à 16 nœuds, provoquant remous et tourbillons très dangereux. C'est paraît-il très spectaculaire et beau à voir, mais hélas on y est arrivé presque à l'étale, et on n'a vu que quelques tourbillons.
Le retour de la balade (6 km aller-retour) s'est fait sous un beau soleil, qui illuminait la forêt qu'on avait traversé sous la pluie. C'était magnifique, le sous-bois lumineux, les douglas géants, et les grands érables et cèdres recouverts de mousse vert tendre. Le sol était recouvert de fougères, et de plusieurs espèces de mousses, plus de 12 différentes. Très beau.

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