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14 articles avec 6-californie

Sommaire Californie

Publié le par Frédérique

Publié dans 6-Californie

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San Diego : Shelter Island et Consulat Mexicain

Publié le par Frédérique

Shelter Island, San Diego

La marina publique est très sympa, beaucoup de bateaux. Certains ont le pavillon de la Baja Ha Ha, le rallye qui va partir de San Diego le 31 octobre pour la Baja California, le Mexique. C'est un groupe de voiliers qui descend ensemble, mais un gros groupe : plus de 200 bateaux !! Il ne fait pas bon être aux mêmes endroits en même temps... C'est pour ça qu'il faut qu'on parte absolument avant eux !

On a de gros voisins aussi...



Pour le moment un cyclone, Paul, est en formation autour de la pointe de la Baja, vers Cabo San Lucas. Il ne devrait pas monter aux US, l'eau est trop froide, mais on n'a pas envie de s'en rapprocher trop. Donc départ plutôt prévu demain ou après-demain, selon la direction prise par le cyclone, et son évolution.

Mardi on a obtenu nos visas de 6 mois pour le Mexique. Ca n'a pas été une mince affaire, déjà pour y aller : 2 heures en tout, entre la longue marche jusqu'à l'arrêt de bus, puis le tram, puis remarche jusqu'au Consulat. Là on avait oublié de prendre des photos, donc il a fallu en refaire. On a donné des copies des passeports, de la carte bancaire, des visas US, et les photos, plus les passeports qu'ils gardent 1 heure. Et c'est gratuit. C'est pour 6 mois tout ce bazar, sinon pour 90 jours il ne faut fournir que les copies des passeports. On y est allé avec des copains Canadiens, et pour eux, aucun visa nécessaire, juste les copies des passeports, et hop, 180 jours. Pas juste ! Et il paraît que c'est pareil pour les Suédois...

Entre temps, pendant l'heure où ils gardent les passeports, on est allé chercher le permis de pêche, obligatoire. Là par contre, 183 dollars US !! : taxe pour le bateau (97,65$ à partir de 30 pieds de long), 42,70$ par personne pour 1 an, et éventuellement 32,55$ pour l'annexe... Pas possible de passer outre... En plus c'était hyper loin du Consulat, il a fallu reprendre le tram, et marcher une vingtaine de blocs, en montée ! Ils ont demandé la copie des papiers du bateau, et les sous bien sûr, en money order. Pas vraiment pressés, et par malheur nous si, puisqu'on devait repasser au Consultat recupérer nos passeports.

Du coup on a pris un taxi pour revenir à temps au Consulat (il fermait tôt). Là, photo encore, empreintes digitales, comme à l'immigration aux US à la descente d'avion, et attente jusqu'à ce que le visa soit imprimé. Pendant ce temps on a discuté avec un Mexicain qui attendait là aussi (c'est fou le nombre de Mexicains qui faisaient la queue dans leur Consulat), super sympa, il nous a donné des infos sur les plus beaux endroits à visiter sur la côte, et son numéro de téléphone à Ensenada.
On a parlé un peu Espagnol, mais heureusement que tout le monde parlait Anglais !! Il va falloir bûcher ça sérieusement...

La ville est un peu loin depuis la marina de Shelter Island, mais plusieurs bateaux ont des voitures, et il y a toujours un voisin pour proposer de nous conduire pour les courses, ou autres. On a pu faire un gros réapprovisionnement : fruits, légumes, lait, conserves, etc.


Oiseau de paradis dans une haie


Jeudi, on avait rendez-vous avec Rod, un radio-amateur du Yacht Club de San Diego, qui opère une station Winlink. Il nous a fait visiter sa station, matériel, antennes, tout l'équipement radio-amateur ! C'est tellement pratique pour nous ces stations Winlink, qui nous permettent de recevoir et envoyer des emails de partout dans le monde, avec la radio BLU et le modem Pactor.
Très sympa, Rod, on l'a revu le lendemain à West Marine, à une conférence sur Airmail (le logiciel utilisé par Winink et Sailmail). La conférence était animée par le créateur d'Airmail, Jim Corenman, et François a pu poser quelques questions techniques. Le magasin, West Marine, a organisé une loterie pendant une pose de la conférence, et on a gagné un tee-shirt !


On a passé 2 jours aussi avec les cousins Américains de François, Bob & Diann et Kathy & Henry, très gentils. On était déjà passé les voir lors de notre tour aux US en camping-car, il y a 2 ans.

Lundi, notre voisin Kurt nous a conduit au bureau des Douanes, à l'autre bout de la baie, au ferry cruising terminal. C'est là qu'il faut faire la clearance, les papiers de sortie des US. Et payer... ! Il a fallu encore payer 19$ pour sortir ! C'est vraiment en fonction du douanier, parce qu'à notre dernière sortie du territoire (quand on a quitté l'Alaska), on ne nous a rien demandé...
La visite aux US coûte cher : 100$ par personne le visa (obligatoire pour les voiliers, exclusivement. On n'en a pas besoin quand on vient en avion, en ferry ou en camping-car...), 19$ la cruising license (ou 25$ le decal, ça dépend des douaniers), 6$ par personne le formulaire d'immigration (pas toujours), et 19$ pour sortir !!

Pour le Mexique, le visa d'entrée est gratuit, mais il faudra payer au Mexique (quelque chose comme l'équivalent de 30$ US nous a-t-on dit).

Enfin, nous voilà prês à partir au Mexique, reste à surveiller ce cyclone, et dès que possible, on y va. Il nous reste 2 jours à la marina, ensuite de toutes façons on nous met dehors !

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Navigation vers San Diego

Publié le par Frédérique

Santa Cruz - San Diego

Vendredi 13, départ de Prisoners Harbor.

Selon les vieilles superstitions de marins, on ne doit pas partir un vendredi ; mais si c'est le 13, est-ce que ça annule le malheur ?
Bon petit vent de Nord-Ouest, mer belle, les falaises de Santa Cruz Island s'éloignent, délicatement dorées par le soleil couchant. En face, côté continent, des plateformes de forage sont visibles tout le long de la côte, puissamment éclairées.



Après une belle nuit paisible, pendant laquelle le vent a faibli, on sort de la zone protégée par les îles et la houle nous rattrape. Grosse houle qui fait claquer les voiles, pas assez gonflées par le petit vent.
Le soir, on passe entre les îles Santa Catalina et San Clemente et, peut-être le malheur du samedi 14, le pilote automatique montre des signes de faiblesse. Après un bon nettoyage-graissage, le voilà prêt à continuer jusqu'à la prochaine panne.

Dimanche, on est en vue de San Diego. Le vent nous abandonne complètement, et c'est au moteur qu'on termine cette navigation.


On croise un grand banc de dauphins pressés, mais une dizaine prend le temps de nous accueillir, puis repart chasser avec les autres.

Un petit oiseau trouve refuge sur une filière, et se repose jusqu'à ce qu'on se rapproche un peu plus de la côte.

Le phare de l'entrée

A l'entrée du port de San Diego, de nombreux voiliers régatent, il est 14h, c'est visiblement l'heure d'affluence !

L'accès à la baie est assez long, 2 milles, on a tout le temps d'admirer les lions de mer vautrés sur la base des balises du chenal, et les pélicans et les cormorans perchés sur le sommet.



Nous voici à San Diego. Première étape : Shelter Island, et le ponton des Douanes et Police du Port. Pour les formalités de douane c'est assez simple : il suffit de leur téléphoner.
Le port nous trouve une place aux pontons publics, limitée à 10 jours : 10 $ les 5 premiers jours, 20 $ les 5 suivants. C'est un peu loin de la ville, mais c'est calme !
On va rester là quelques jours, peut-être les 10 accordés, et on verra pour la suite.

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Prisoners Harbor, Santa Cruz Island

Publié le par Frédérique

Prisoners Harbor, Santa Cruz Island

(34°01.28' N 119°40.89' W)

Santa Cruz est la plus grande des Channel Islands, et est un parc protégé. Il faut un permis pour débarquer dans les 75% de l'Ouest de l'île, mais l'accès à l'Est, à partir de Prisoners Harbor inclus, est libre.
C'est une île aux bords abruptes, à la végétation basse. Il y a de nombreuses grottes accessibles par la mer, et de grandes plages de sable et de gravier.



Ce n'est pas un mouillage très paisible, des bateaux rapides font la navette avec le continent, et au moins 2 fois par jour des groupes de visiteurs débarquent sur l'île.

Le grand ponton est d'ailleurs à l'usage exclusif de ces navettes ; le débarquement en annexe est autorisé mais à la condition qu'on n'y amarre pas l'annexe, qui peut alors être tirée sur la plage à côté.

Les températures sont un tout petit peu remontées ici, il paraît que Conception Point passée (à l'entrée du chenal de Santa Barbara), le climat se réchauffe.
Des Canadiens de Vancouver, sur un petit catamaran jaune, très sympas, se sont d'ailleurs baignés ! Les températures ont beau se réchauffer, l'eau est tout de même encore à 17°...

On reste 4 jours à Prisoners Harbor, attendant que le vent de Sud-Est tourne au Nord-Ouest ou à ce qu'il veut, du moment qu'on le l'a plus de face.

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En navigation vers le Sud de la Californie

Publié le par Frédérique

Le matin du samedi 7 octobre, on passe prendre du gas-oil à Pillar Point Harbor, où il est moins cher qu'à San Francisco. Le réservoir plein, on hésite : soit on reste au mouillage à Half Moon Bay plusieurs jours, mais il fait un peu frais ; soit on part et profite de 2 jours de vent portant, bien que ce ne soit pas suffisant pour arriver à San Diego.

On décide de partir. Le vent est un peu faible, il faut aller le chercher plus au large.
Il fait un temps splendide, et une fois le vent attrapé, génois tangonné, nous voilà parti.

Beaucoup de trafic le long de la côte, 6 gros navires passent près de nous cette 1ère nuit : paquebots de croisière, pétroliers, cargos, barges remorquées.


Dimanche, 7h15. Le soleil émerge lentement de l'océan, et fait face à la pleine lune. Aujourd'hui encore grand beau temps, mais il ne fait que 18° à l'intérieur.

La houle grossit un peu, le vent se maintient de Nord-Ouest 15-20 noeuds, tout va bien. Jusqu'à lundi, 2h30 du matin, où le vent nous lâche. Les prévisions météo ne sont pas optimistes pour nous : vent dans le nez prévu dans la soirée, et pour plusieurs jours. Le Sud-Est arrive plus tôt qu'annoncé, et c'est en milieu de matinée qu'on décide de se rapprocher de la côte, en passant par le Santa Barbara Channel, entre les Channel Islands et le continent.

Toujours beaucoup de trafic, mais les phoques sont restés curieux : en petites bandes de 3-4, ils nagent autour de nous, font des cabrioles, et se prennent pour des dauphins !
Des dauphins, il y en a aussi dans le chenal, et bien plus intéressés par les bateaux que les espèces croisées au Canada et en Alaska. La température de l'eau doit y être pour quelque chose ! C'est avec grande joie qu'on les voit s'approcher de nous, jouer avec l'étrave, et nous accompagner quelque temps.



A 22h, alors qu'on est en approche de Santa Cruz Island, toute une bande de dauphins nous escorte jusque dans la baie. Il fait nuit noire, la lune est cachée par des nuages, et ces magnifiques animaux, gracieux et espiègles, tracent de longs sillages illuminés de plancton tout autour de nous, foncent à l'avant pour décrire de grands cercles et revenir sur l'arrière du bateau. Ceux qui restent plus longtemps devant se bousculent pour passer d'un côté à l'autre de l'étrave, le plus près possible de la coque. Quelques uns entrent dans la baie avec nous, mais la vitesse soudain réduite ne les amuse plus, et ils repartent chasser au large.

Il est près de 23h quand on jette l'ancre dans Prisoners Harbor, à côté de 6 autres bateaux.

285 milles depuis Half Moon Bay, 3 jours de mer, ce soir on va bien dormir !

 

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Half Moon Bay (Princeton)

Publié le par Frédérique

Half Moon Bay (Princeton), 37°29.97'N, 122°29.25'W

Départ de Sausalito sous un ciel couvert, passage du Golden Gate Bridge, et nous voilà de nouveau en mer. Le vent de Nord-Ouest prévu fait évidemment défaut, on a plutôt du Sud-Ouest, plus faible que prévu, mais ça va quand même. Il faut tout de même tirer quelques bords pour s'éloigner des pointes, pas franches (des rochers et des hauts-fonds s'étendent loin en mer). La mer est paisible, 1,50 m de creux de SO, Croque vogue tranquillement.

29 milles plus loin, on franchi la passe de la 1ère jetée de Half Moon Bay. On peut mouiller là, ou aller au port de Pillar Point Harbor, encore protégé par une autre jetée. Toutes les jetées sont massivement squattées par les pélicans, qui ont crépi de blancs les rochers... mais ils sont moins bruyants que le phare de la jetée, qui a une corne de brume qui sonne toutes les 10 secondes, en permanence !



On passe la nuit au mouillage, " bercé " par le Fa # de la corne de brume...
Plusieurs autres bateaux sont au mouillage ou sur bouée, des bateaux de passage pour certains, et d'autres visiblement à l'année, certains même carrément coulés...

 

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Sausalito : courses, etc.

Publié le par Frédérique

Nos amis Suédois nous ont emmené à Safeway faire des courses, en voiture parce que tout au fond de la baie, trop loin à pied. Les 2 autres supermarchés de Sausalito sont plus chers.

On s'est rapproché du rivage aussi. Après un premier mouillage à droite du chenal en entrant dans la baie de Sausalito (Richardson's Bay), rouleur, nous sommes allés en face du Yacht Club où 3 bouées sont disponibles gratuitement, et où il est aussi possible de mouiller. Attention toutefois au fond de vase, de bonne tenue seulement si on laisse l'ancre (plate) s'enfoncer assez profondément.



On fait connaissance avec les voisins, des Allemands et des Autrichiens, très sympa. Tout le monde descend vers le Mexique ou plus bas, on devrait se revoir !
On profite d'être près du bord pour attraper des réseaux Internet wifi, sinon la bibliothèque toute proche, et le Yacht Club proposent des connexions gratuites.

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Sausalito

Publié le par Frédérique

San Francisco, Sausalito
Voilà, de Brisbane marina ce matin, nous sommes arrivés à Sausalito (côté nord du Golden Gate, par 37°51.67'N, et 122°28.63'W). Moteur pendant trois heures.
 
 
Temps moyen, pas très chaud mais pas trop froid. Nous sommes au mouillage, à côté de copains Suédois et Canadiens-Américains avec qui on a passé l'hiver à Victoria ; et pas loin de copains de Tahiti qui ont hiverné en Alaska !
 
Toujours un peu fatigués à cause du décalage horaire. Mais tout va bien.
Il nous reste à faire quelques courses, un petit tour dans Sausalito et alentours, et puis ça devrait être bon !

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Retour à San Francisco

Publié le par Frédérique

Après 3 mois de visite en France, nous voilà de retour à bord. Pour ceux qui attendraient la vidéo promise de la traversée Victoria - San Francisco, ne l'attendez plus... Je sais comment faire, mais la vidéo est tellement lourde que je ne peux même pas la charger sur le site hébergeur !!

Donc nous voici de nouveau dans les brumes de SF, il faut maintenant gratter l'herbe sous la coque, ça pousse vite ici...

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Bientôt une vidéo...

Publié le par Frédérique

Merci Chiffonnette pour la marche à suivre pour insérer une vidéo sur mon blog ! Je vais m'y atteler de ce pas... enfin, dès que j'aurais 5 minutes !

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San Francisco toujours...

Publié le par Frédérique

La ville est grande, et étalée... Nos gambettes sont fatiguées !

Je vais essayer de mettre une vidéo prise pendant la traversée Victoria-San Francisco, mais je dois me renseigner un peu d'abord, voir comment je peux faire ça. Pas compliqué, mais c'est le temps qui manque !!

A bientôt donc !

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San Francisco, Californie

Publié le par Frédérique

Neah Bay - Point Reyes - San Francisco

798 milles, et 9 jours de mer depuis Neah Bay jusqu’à Point Reyes, un peu galères.

 
Les 3 premiers jours on a attendu que le vent se lève, ballottés dans une mer formée (vagues de 2 – 2,5 m) et croisée (houles de Nord et d’Ouest) sans assez de vent pour appuyer les voiles. Elles claquaient donc à chaque grand mouvement de balancier du bateau, ébranlant tout le gréement… éprouvant pour Croque, et pour nos nerfs !
 
Puis mercredi le vent tant annoncé par la météo a fini par arriver, mais entre-temps le vent de Nord modéré avait évolué en « gale warning », coup de vent.
 
En fin d’après-midi on filait encore à 6 – 7 nœuds avec une surface de toile de génois grande comme un mouchoir de poche. La mer déjà formée s’est levée encore plus : de creux de 2,5 m on est passé à 4 m, avec des déferlantes.
 
A ce moment, on était en face des côtes de la Californie, qui ont la particularité d’être d’approche dangereuse par gros temps. Il y a plusieurs abris le long de cette belle côte, mais des barres sableuses et rocheuses en rendent l’accès extrêmement délicat par forte mer, où les déferlantes drossent chaque année des navires au rivage…
 
On a donc préféré se faire tous petits sous les vents bien déchaînés, d’abord en se mettant en fuite avec très peu de toile, juste de quoi rester dans le sens du vent et éviter de trop se faire rattraper par les déferlantes.
 
Mais après avoir mal négocié quelques vagues qui nous ont pris par le travers et presque couchés, on a décidé de se mettre à la cape pour la nuit de jeudi à vendredi : 3 ris dans la grand’voile, et un bout de génois bordé à contre. Pour mener à bien la manœuvre on s’est mis face au vent et aux vagues, là je peux dire qu’il y avait des creux de 5 mètres…
Une fois les voiles hissées et réglées correctement, la barre bloquée, Croque s’est mis travers aux vagues et dérivant à la même vitesse qu’elles.
 
Pas beaucoup plus confortable, mais plus facile à gérer (le pilote automatique n’en pouvait plus), et un peu plus sûr pour le bateau, bien que le vent secoue violemment le mât… On a passé toute la nuit à la cape, écoutant d’une oreille inquiète les vibrations du gréement, épongeant de petites fuites là où les vagues s’écrasaient en force sur les hublots, et surveillant les cargos qui croisaient notre route.
 
Les cargos : on peut dire qu’il y a du trafic par ici ! 12 cargos et pétroliers croisés en 5 jours, dont 3 pas mal près… Le problème avec cette mer forte c’est qu’on ne dépasse pas beaucoup, et pas souvent. C’est toute une affaire pour voir l’horizon, et même du sommet d’une crête on ne voit souvent que d’autres crêtes.
Donc la surveillance des cargos est délicate, et il ne faut compter que sur soi : ce ne sont pas eux qui nous verront. En admettant qu’il y ait quelqu’un en veille sur le cargo, ce n’est pas dit qu’il puisse nous voir sur son radar : si le-dit radar est mal réglé, s’il n’a pas assez de gain, notre signal n’apparaîtra pas car trop faible ; s’il a trop de gain, on ne nous distinguera pas des échos renvoyés par les déferlantes. Donc… vigilance !
 
Heureusement il existe un Système d’Identification Automatique (AIS ou Automatic Identification System) qui permet de recevoir des données sur les gros navires qui sont à portée de VHF. C’est une obligation mondiale depuis décembre 2004 pour ces bateaux commerciaux d’émettre leur position, destination, vitesse, tonnage, etc. C’est d’autant plus pratique pour les contacter, puisqu’on connaît aussi leur nom.
 
L’AIS utilise 2 canaux sur les bandes marines VHF : le 161.975 et le 162.025 MHz. Une VHF et un logiciel (ShipPlotter) permettent de recevoir ces données présentées comme sur un écran de radar, en temps réel.
 
Cette nuit-là un cargo est passé assez près de nous, mais après contact par VHF où on lui a signalé notre position, il s’est légèrement dérouté.
 
Les vents ont commencé à se calmer progressivement dans la journée de vendredi, et on a pu reprendre notre route vers San Francisco.
Ce mauvais temps était dû à une haute pression, et une basse pression, devenues stationnaires, entre lesquelles un couloir d’accélération de vent s’était formé. Et on était dans le couloir… !
 
La mer est restée bien formée, des creux de 3 – 4 mètres et toujours des déferlantes. Mais au moins on avançait dans la bonne direction !
 
Samedi le vent a encore faibli, pour complètement tomber dimanche. Encore beaucoup de cargos, pétroliers et paquebots, surtout à l’approche de San Francisco : 15 en 48 heures.
 
Lundi matin, à une vingtaine de milles du chenal d’entrée de la baie de SF, une alarme du moteur a retenti : problème de refroidissement, obstruction dans l’arrivée d’eau de mer. Comme à l’échouage on avait enlevé les moules qui poussaient à l’intérieur de l’arrivée d’eau, le bouchon devait se situer au niveau de la crépine.
 
On est allé au mouillage à Point Reyes, et François a alors propulsé de l’air à moyenne pression, avec une bouteille de plongée, dans le tuyau d’eau de mer du moteur. Cela semble avoir expulsé les cochonneries qui empêchaient une bonne aspiration.
 
Nous voilà posés ! Bon, pas encore à San Francisco, mais enfin un peu de repos ! Le bateau est couvert de sel, mais tout va bien.
 
Drakes Bay (37°59 N, 122°58 W), à Point Reyes, est une grande baie, très large et ouverte au Sud-Ouest et Sud. Des collines verdoyantes sont coupées au couteau le long du rivage, de belles petites falaises avec de grandes plages à leur pied, refuge apprécié des phoques semble-t-il.
Beaucoup de pélicans volent en formation, et amerrissent lourdement autour du bateau.
Avant d’atteindre Point Reyes, nous avons vu un groupe d’orques, des dauphins et des baleines.
 
Le lendemain, mardi, départ pour la baie de San Francisco. Vent nul, mer plate, conditions idéales pour surveiller le trafic, et surtout les bouées de pêcheurs qui encombrent toute la zone.
On est accompagné par des « hordes » de pélicans, de canards et d’autres oiseaux.
Un brouillard léger qui se dissipe rapidement.
 
A plus de 10 milles, on peut déjà voir le pont !
Le trafic à l’entrée de la baie est dense, à 13h j’ai compté plus de 70 navires qui croisent, entrent et sortent : cargos, pétroliers, barges et remorqueurs, navettes de passagers, etc. Un pilote patrouille au centre du grand « échangeur »à l’extérieur devant l’entrée : une zone circulaire qui fait tampon entre les 3 chenaux d’accès des cargos du Nord-Ouest, Sud-Ouest et Sud, et la passe d’entrée dans la baie.
(Alcatraz derrière le pont) 
On doit se faire petit et vite se faufiler entre un pétrolier qui sort et un cargo qui entre, et avant qu’un autre cargo ne sorte…
 
A 14h10, on passe sous le Golden Gate Bridge… pas de doute, on est bien à San Francisco !
 
On va à la marina Yacht Harbor, juste passé le pont sur la droite, après une belle plage et un bâtiment au dôme orange (Palace of Fine arts). Croque a besoin d’une bonne douche et de quelques petites attentions (nous aussi !).
 (Quartiers résidentiels de San Francisco, et la marina)
 

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Neah Bay, Washington

Publié le par Frédérique

Neah Bay, Washington, US

La météo n’est pas encore très bonne, mais on décide de partir avec la marée et le courant portant, à 4h25 du matin, pour sortir de Juan de Fuca Strait. Vent faible, mais pas de brouillard !

Dans la journée le vent s’établit à l’Ouest, on l’a de face comme prévu… Beaucoup de cargos encore dans le détroit, on reste en dehors des zones de trafic le long de la côte américaine.
 
En fin de journée on passe devant un superbe rocher, Seal Rock, qui a bien la forme d’un phoque, ou d’un lion de mer. On ne l’avait pas vu 3 ans auparavant à notre arrivée, puisqu’on avait remonté le strait dans un brouillard bien dense.
 
Neah Bay (48°22 N, 124°37 W) est une grande baie protégée, à 6 milles du Cape Flattery qui est la pointe Ouest de l’Etat de Washington, et l’embouchure du Juan de Fuca Strait.
On est accueilli par des pélicans à l’entrée, puis un Bald Eagle dans la baie, pourchassé par des mouettes protégeant des déchets de poissons. Le port de pêche est plein, et un peu plus loin le long de la baie s’étire le village Indien.
 
C’est très calme, seulement un autre voilier au mouillage avec nous. Dans la soirée 3 autres voiliers arrivent, et 3 gros lions de mer fièrement dressés sur un ponton du port assurent l’ambiance musicale (honk ! honk ! honk !)
 
 

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Port Angeles, Washington

Publié le par Frédérique

Port Angeles, Washington, US

Départ de Victoria, Vancouver Island, jeudi 1er juin, sous la pluie. On quitte le Canada dans les mêmes conditions météo qu’à notre arrivée : brouillard dense dans le Juan de Fuca Strait, beaucoup de trafic, cargos qui font sonner leur corne de brume, invisibles à ½ mille…

 
Arrivée en face à Port Angeles (48°07 N, 123°25 W), au radar, toujours brouillard dense et visibilité nulle.
Arrêt au ponton des Douanes : on renouvelle notre Cruising Licence (19 $), et l’Immigration nous fait payer les formulaires I-94, 6 $ chacun ! L’économie américaine va mal, ils ont besoin de sous…
 
Au moment de quitter le ponton pour aller au mouillage, on se rend compte que l’amarre de l’avant est prise sous une roue de la passerelle, qui a avancé sur le ponton à mesure que la marée montait. Un truc énorme cette passerelle, comme toutes celles du coin, en alu et inébranlable sans outils… on a l’air malin ! Heureusement les Coast Guards voisins nous prêtent un pied de biche, François fait levier sous la roue pendant que je dégage l’amarre…
 
Nous restons toute la journée de vendredi à Port Angeles, dans le brouillard, sous des averses occasionnelles, et de rares éclaircies.
 

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