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Sommaire Canada BC

Publié le par Frédérique

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San Francisco, Californie

Publié le par Frédérique

Neah Bay - Point Reyes - San Francisco

798 milles, et 9 jours de mer depuis Neah Bay jusqu’à Point Reyes, un peu galères.

 
Les 3 premiers jours on a attendu que le vent se lève, ballottés dans une mer formée (vagues de 2 – 2,5 m) et croisée (houles de Nord et d’Ouest) sans assez de vent pour appuyer les voiles. Elles claquaient donc à chaque grand mouvement de balancier du bateau, ébranlant tout le gréement… éprouvant pour Croque, et pour nos nerfs !
 
Puis mercredi le vent tant annoncé par la météo a fini par arriver, mais entre-temps le vent de Nord modéré avait évolué en « gale warning », coup de vent.
 
En fin d’après-midi on filait encore à 6 – 7 nœuds avec une surface de toile de génois grande comme un mouchoir de poche. La mer déjà formée s’est levée encore plus : de creux de 2,5 m on est passé à 4 m, avec des déferlantes.
 
A ce moment, on était en face des côtes de la Californie, qui ont la particularité d’être d’approche dangereuse par gros temps. Il y a plusieurs abris le long de cette belle côte, mais des barres sableuses et rocheuses en rendent l’accès extrêmement délicat par forte mer, où les déferlantes drossent chaque année des navires au rivage…
 
On a donc préféré se faire tous petits sous les vents bien déchaînés, d’abord en se mettant en fuite avec très peu de toile, juste de quoi rester dans le sens du vent et éviter de trop se faire rattraper par les déferlantes.
 
Mais après avoir mal négocié quelques vagues qui nous ont pris par le travers et presque couchés, on a décidé de se mettre à la cape pour la nuit de jeudi à vendredi : 3 ris dans la grand’voile, et un bout de génois bordé à contre. Pour mener à bien la manœuvre on s’est mis face au vent et aux vagues, là je peux dire qu’il y avait des creux de 5 mètres…
Une fois les voiles hissées et réglées correctement, la barre bloquée, Croque s’est mis travers aux vagues et dérivant à la même vitesse qu’elles.
 
Pas beaucoup plus confortable, mais plus facile à gérer (le pilote automatique n’en pouvait plus), et un peu plus sûr pour le bateau, bien que le vent secoue violemment le mât… On a passé toute la nuit à la cape, écoutant d’une oreille inquiète les vibrations du gréement, épongeant de petites fuites là où les vagues s’écrasaient en force sur les hublots, et surveillant les cargos qui croisaient notre route.
 
Les cargos : on peut dire qu’il y a du trafic par ici ! 12 cargos et pétroliers croisés en 5 jours, dont 3 pas mal près… Le problème avec cette mer forte c’est qu’on ne dépasse pas beaucoup, et pas souvent. C’est toute une affaire pour voir l’horizon, et même du sommet d’une crête on ne voit souvent que d’autres crêtes.
Donc la surveillance des cargos est délicate, et il ne faut compter que sur soi : ce ne sont pas eux qui nous verront. En admettant qu’il y ait quelqu’un en veille sur le cargo, ce n’est pas dit qu’il puisse nous voir sur son radar : si le-dit radar est mal réglé, s’il n’a pas assez de gain, notre signal n’apparaîtra pas car trop faible ; s’il a trop de gain, on ne nous distinguera pas des échos renvoyés par les déferlantes. Donc… vigilance !
 
Heureusement il existe un Système d’Identification Automatique (AIS ou Automatic Identification System) qui permet de recevoir des données sur les gros navires qui sont à portée de VHF. C’est une obligation mondiale depuis décembre 2004 pour ces bateaux commerciaux d’émettre leur position, destination, vitesse, tonnage, etc. C’est d’autant plus pratique pour les contacter, puisqu’on connaît aussi leur nom.
 
L’AIS utilise 2 canaux sur les bandes marines VHF : le 161.975 et le 162.025 MHz. Une VHF et un logiciel (ShipPlotter) permettent de recevoir ces données présentées comme sur un écran de radar, en temps réel.
 
Cette nuit-là un cargo est passé assez près de nous, mais après contact par VHF où on lui a signalé notre position, il s’est légèrement dérouté.
 
Les vents ont commencé à se calmer progressivement dans la journée de vendredi, et on a pu reprendre notre route vers San Francisco.
Ce mauvais temps était dû à une haute pression, et une basse pression, devenues stationnaires, entre lesquelles un couloir d’accélération de vent s’était formé. Et on était dans le couloir… !
 
La mer est restée bien formée, des creux de 3 – 4 mètres et toujours des déferlantes. Mais au moins on avançait dans la bonne direction !
 
Samedi le vent a encore faibli, pour complètement tomber dimanche. Encore beaucoup de cargos, pétroliers et paquebots, surtout à l’approche de San Francisco : 15 en 48 heures.
 
Lundi matin, à une vingtaine de milles du chenal d’entrée de la baie de SF, une alarme du moteur a retenti : problème de refroidissement, obstruction dans l’arrivée d’eau de mer. Comme à l’échouage on avait enlevé les moules qui poussaient à l’intérieur de l’arrivée d’eau, le bouchon devait se situer au niveau de la crépine.
 
On est allé au mouillage à Point Reyes, et François a alors propulsé de l’air à moyenne pression, avec une bouteille de plongée, dans le tuyau d’eau de mer du moteur. Cela semble avoir expulsé les cochonneries qui empêchaient une bonne aspiration.
 
Nous voilà posés ! Bon, pas encore à San Francisco, mais enfin un peu de repos ! Le bateau est couvert de sel, mais tout va bien.
 
Drakes Bay (37°59 N, 122°58 W), à Point Reyes, est une grande baie, très large et ouverte au Sud-Ouest et Sud. Des collines verdoyantes sont coupées au couteau le long du rivage, de belles petites falaises avec de grandes plages à leur pied, refuge apprécié des phoques semble-t-il.
Beaucoup de pélicans volent en formation, et amerrissent lourdement autour du bateau.
Avant d’atteindre Point Reyes, nous avons vu un groupe d’orques, des dauphins et des baleines.
 
Le lendemain, mardi, départ pour la baie de San Francisco. Vent nul, mer plate, conditions idéales pour surveiller le trafic, et surtout les bouées de pêcheurs qui encombrent toute la zone.
On est accompagné par des « hordes » de pélicans, de canards et d’autres oiseaux.
Un brouillard léger qui se dissipe rapidement.
 
A plus de 10 milles, on peut déjà voir le pont !
Le trafic à l’entrée de la baie est dense, à 13h j’ai compté plus de 70 navires qui croisent, entrent et sortent : cargos, pétroliers, barges et remorqueurs, navettes de passagers, etc. Un pilote patrouille au centre du grand « échangeur »à l’extérieur devant l’entrée : une zone circulaire qui fait tampon entre les 3 chenaux d’accès des cargos du Nord-Ouest, Sud-Ouest et Sud, et la passe d’entrée dans la baie.
(Alcatraz derrière le pont) 
On doit se faire petit et vite se faufiler entre un pétrolier qui sort et un cargo qui entre, et avant qu’un autre cargo ne sorte…
 
A 14h10, on passe sous le Golden Gate Bridge… pas de doute, on est bien à San Francisco !
 
On va à la marina Yacht Harbor, juste passé le pont sur la droite, après une belle plage et un bâtiment au dôme orange (Palace of Fine arts). Croque a besoin d’une bonne douche et de quelques petites attentions (nous aussi !).
 (Quartiers résidentiels de San Francisco, et la marina)
 

Publié dans 6-Californie

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Adieu Canada !

Publié le par Frédérique

Voilà, il est temps de prendre la route vers le Sud. Déjà 3 ans passés au Canada et environs.
 
Arrivés à Port Angeles puis Victoria, depuis Hawaii, en 2003, nous avions passés les 6 mois de l’hiver bien abrités des tempêtes dans le port de Victoria, Vancouver Island.
 
En avril de l’année suivante, on avait confié Croque à des amis qui nous prêtaient leur ponton privé, et avec un camping-car acheté sur place, nous étions allés faire un grand tour dans l’intérieur des Etats-Unis : états de Washington, Oregon, Californie, Nevada, Arizona, Utah, Colorado, New Mexico, puis traversée vers l’Indiana, Michigan et retour par le Montana, et Wyoming. Avant la venue de l’hiver, on a eu quelques jours pour naviguer dans les Gulf Islands, au Sud-Est de l’Ile de Vancouver.
 
Puis de nouveau hiver bien protégé à Victoria, et mi-avril montée vers le Nord : navigation le long de la côte de la Colombie Britannique, puis le Sud-Est Alaska jusqu’à Juneau. Redescente par les Queen Charlotte Islands, la côte Ouest de Vancouver Island, et retour à Victoria pour notre 3ème hiver !
 
Cette fois-ci on y est resté 8 mois, et attendu le mois de juin que les températures soient moins fraîches, et la météo plus clémente.
 
Et… bye bye Canada ! Il a été temps de dire au revoir aux amis, fermer le compte bancaire, annuler le contrat du téléphone portable, fermer la boîte postale… c’est qu’on s’était installés !!
Adieu les ours et autres grosse bêtes du Nord, et en route vers des eaux plus chaudes (se baigner, enfin !!)
 
 

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Neah Bay, Washington

Publié le par Frédérique

Neah Bay, Washington, US

La météo n’est pas encore très bonne, mais on décide de partir avec la marée et le courant portant, à 4h25 du matin, pour sortir de Juan de Fuca Strait. Vent faible, mais pas de brouillard !

Dans la journée le vent s’établit à l’Ouest, on l’a de face comme prévu… Beaucoup de cargos encore dans le détroit, on reste en dehors des zones de trafic le long de la côte américaine.
 
En fin de journée on passe devant un superbe rocher, Seal Rock, qui a bien la forme d’un phoque, ou d’un lion de mer. On ne l’avait pas vu 3 ans auparavant à notre arrivée, puisqu’on avait remonté le strait dans un brouillard bien dense.
 
Neah Bay (48°22 N, 124°37 W) est une grande baie protégée, à 6 milles du Cape Flattery qui est la pointe Ouest de l’Etat de Washington, et l’embouchure du Juan de Fuca Strait.
On est accueilli par des pélicans à l’entrée, puis un Bald Eagle dans la baie, pourchassé par des mouettes protégeant des déchets de poissons. Le port de pêche est plein, et un peu plus loin le long de la baie s’étire le village Indien.
 
C’est très calme, seulement un autre voilier au mouillage avec nous. Dans la soirée 3 autres voiliers arrivent, et 3 gros lions de mer fièrement dressés sur un ponton du port assurent l’ambiance musicale (honk ! honk ! honk !)
 
 

Publié dans 6-Californie

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Port Angeles, Washington

Publié le par Frédérique

Port Angeles, Washington, US

Départ de Victoria, Vancouver Island, jeudi 1er juin, sous la pluie. On quitte le Canada dans les mêmes conditions météo qu’à notre arrivée : brouillard dense dans le Juan de Fuca Strait, beaucoup de trafic, cargos qui font sonner leur corne de brume, invisibles à ½ mille…

 
Arrivée en face à Port Angeles (48°07 N, 123°25 W), au radar, toujours brouillard dense et visibilité nulle.
Arrêt au ponton des Douanes : on renouvelle notre Cruising Licence (19 $), et l’Immigration nous fait payer les formulaires I-94, 6 $ chacun ! L’économie américaine va mal, ils ont besoin de sous…
 
Au moment de quitter le ponton pour aller au mouillage, on se rend compte que l’amarre de l’avant est prise sous une roue de la passerelle, qui a avancé sur le ponton à mesure que la marée montait. Un truc énorme cette passerelle, comme toutes celles du coin, en alu et inébranlable sans outils… on a l’air malin ! Heureusement les Coast Guards voisins nous prêtent un pied de biche, François fait levier sous la roue pendant que je dégage l’amarre…
 
Nous restons toute la journée de vendredi à Port Angeles, dans le brouillard, sous des averses occasionnelles, et de rares éclaircies.
 

Publié dans 6-Californie

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